2
- Franc-maçonnerie égyptienne
3 - Le Rite de Misraïm
4
- Le Rite de Memphis
5 - Le Rite de Memphis-Misraïm
6
- Le Rite de Memphis-Misraïm en
France
1- Historique
1717 - Création de la grande
Loge de Londres
1738 - Création de la
première Grande Loge de France
1773 - Création du Grand
Orient de France, qui fait suite à la première grande
Loge de france
1784 - Joseph balsamo, dit
Cagliostro, fonde la loge de « la sagesse
triomphante »,
1788 - Cagliostro donne une
patente du rite de Misraïm, qui essaima
rapidement à Milan, Gênes,
Naples.
1803 - Les frères BEDARRIDE
introduisent le rite de Misraïm en
France,
1815 - Création du Rite de
Memphis à Montauban par Samuel HONIS
et Marconis DE NEGRE
1881 - Garibaldi prépare la
fusion des deux rites.

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2 -
Franc-maçonnerie égyptienne
Parmi les Rites
maçonniques de type illuministe, les Rites égyptiens ont
longtemps séduit et intrigué les francs-maçons. Se
voulant dépositaires des antiques traditions
initiatiques de la vallée du Nil, ces Rites se réclament
des pythagoriciens, des auteurs hermétiques alexandrins,
des néoplatoniciens, des sabéens de Harrân, des
ismaéliens et de bien d'autres mouvements encore. Dès la
première moitié du XVIII° siècle on trouve trace, en
Europe, de prétendus Rites pharaoniques. En 1777 un
Chapitre de l'Ordre des Architectes Africains travaille
à Paris. Une quinzaine d'années plus tard l'alchimiste
Etteilla fonde, à Lyon, le Rite des Parfaits Initiés
d'Égypte. Et puis à Toulouse, à Auch, à Montauban, dans
le début du XIX° siècle, apparaît un Rite des Amis du
Désert. Mais, de tous ces Rites chétifs, pour la plupart
mort nés, seuls deux vont survivre : Misraïm et plus
tard Memphis qui finiront par s'associer puis
fusionner.

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3 - Le Rite de Misraïm
Il faut ici
commencer entre l'Histoire et la légende en présentant
l'énigmatique personnage que fut Alexandre Cagliostro,
de son vrai nom Joseph
Balsamo
, aigrefin de renom, un peu
souteneur et un peu espion pour les uns, Grand Initié
sans attache, magicien et enchanteur pour les autres,
acteur occulte de la Révolution française pour
l'ensemble et certainement, être moralement
indéfinissable, tant le Rite qu'il a fondé attire des
caractères trempés dans une eau, tout sauf
plate.
Notre homme, très proche du Grand Maître
de l'Ordre des Chevaliers de Malte, Manuel Pinto de
Fonseca, avec lequel il aurait effectué des expériences
alchimiques, fonda en 1784 le Rite de la Haute
Maçonnerie Égyptienne. Bien que ne possédant que trois
degrés (apprenti, compagnon et maître égyptien), le Rite
de Memphis semble lui être indirectement relié même si,
aujourd'hui encore, il est difficile d'établir avec
certitude où
Cagliostro fut réellement initié et
comment il bâtit son Rite. Selon Gaston Ventura, il
reçut entre 1767 et 1775 du Chevalier Luigi d'Aquino,
frère du Grand Maître national de la Maçonnerie
Napolitaine, les Arcana Arcanorum, trois très hauts
grades hermétiques, venus en droite ligne des secrets
d'immortalité de l'Ancienne Égypte. Et c'est en 1788,
non loin de Venise, qu'il transféra ces hauts degrés
hermétiques au sein de Misraïm, un Rite maçonnique
d'inspiration ésotérique dont on trouve les traces dès
1738.
Déjà demi centenaire à cette époque, le
Rite de Misraïm constituait un écrin idéal pour recevoir
un tel dépôt initiatique. Nourri de références
alchimiques et occultistes, avec une échelle de
quatre-vingt-dix grades, il attirait alors de nombreux
adeptes et se réclamait d'une antique tradition
égyptienne - le terme «Misraïm» signifie «les Égyptiens»
ou «Égypte » en hébreu.
En l'état actuel des recherches, ce Rite
semble provenir de la République de Venise et des Loges
franco-italiennes du Royaume de Naples
de Joachim
Murat. Avec une histoire
particulièrement mouvementée, il subit douloureusement
l'occupation autrichienne qui, à la fin du siècle, en
interdit la pratique. C'est ainsi qu'en 1814 et 1815, il
fut introduit en France par l'intermédiaire des trois
frères Bédarides, qui allaient marquer de leur empreinte
son histoire contemporaine. À cette époque, le Rite
recrutait aussi bien de hautes personnalités
aristocratiques que des bonapartistes et des
républicains, parfois même des révolutionnaires
carbonari. Parmi eux, Pierre Joseph Briot, membre de la
société secrète républicaine des Philadelphes, ou encore
Charles Teste, frère cadet du baron, François Teste,
lieutenant de Philippe Buonarroti, le célèbre
conspirateur qui utilisa la Charbonnerie pour servir la
cause de son précommunisme, et qui fut, avec Babeuf, le
coauteur du Manifeste des Égaux.
Dès 1817, le Grand Orient de France,
monarchiste et catholique à cette époque, n'appréciait
guère le système de hauts grades pratiqué par le Rite de
Misraïm et devint l'un de ses plus farouches opposants.
Ainsi, en 1822, alors que les affaires semblaient
florissantes, cette obédience profita de l'affaire des
Quatre Sergents de La Rochelle et de l'inquiétude
suscitée par les carbonari pour dénoncer aux forces de
police l'Ordre de Misraïm comme un repaire de
séditieux «antimonarchiques et anti-religieux »,
prêts pour l'insurrection armée. L'essor de ce nouveau
Rite plein de promesses fut stoppé
net.
Rite désormais interdit, il devint tout
naturellement un espace de rencontre pour tous les
opposants au régime, mais cette situation délicate
entraîna progressivement son déclin. Vers 1890, les
derniers maçons du Rite attachés à leurs principes
déistes et spiritualistes se retrouvèrent bientôt dans
une seule loge, Arc-en-Ciel.

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4 - Le Rite de Memphis
C
onstitué par Jacques Étienne Marconis De Nègre, en 1838, le
Rite de Memphis est une variante du Rite de Misraïm
reprenant la mythologie égypto-alchimique
complétée d'emprunts templiers et chevaleresques. Selon Robert
Ambelain, ce Rite serait né de la fusion de divers
Rites ésotériques d'origine occitane, notamment le
«Rite Hermétique» d'Avignon, le «Rite Primitif » de Narbonne, le
«Rite des Architectes Africains» de Bordeaux, et un Rite
gnostique d'origine
égyptienne.
Alors que Misraïm passait pour un «Rite
d'Adepte entre Ciel et Terre», de «révolutionnaires
insaisissables» et de «comploteurs libertaires» selon
les documents de police de l'époque, Memphis faisait
appel à des références essentiellement mythiques pour
attirer des personnalités en quête d'idéal
chevaleresque. C'est ainsi qu'il connut un certain
succès auprès des loges militaires jusqu'en 1841, date à
laquelle, pour des raisons non éclaircies, les frères
Bédarride le dénoncèrent à leur tour aux autorités,
entraînant ainsi sa mise en sommeil. Ce n'est qu'en
1848, avec la destitution de Louis-Philippe, que Memphis
reprit une vigueur toute relative, luttant pour ne pas
péricliter.
Néanmoins, outre-Manche, le Rite continua
à se développer et, à partir des années 1850, de
nombreuses loges anglaises travaillaient en français au
Rite de Memphis. Elles restèrent célèbres dans
l'Histoire pour y avoir essentiellement été composées
d'ardents républicains ayant fui la France après le coup
d'État du 2 décembre 1851. Parmi ces frères, citons
notamment Louis
Blanc, Alfred Talandier, Charles
Longuet (le gendre de Karl Marx) et Joseph
Garibaldi
, membre d'honneur dont il
sera question par la suite. En 1871, l'écrasement de la
Commune attira en GrandeBretagne de nouveaux réfugiés
qui contribuèrent à l'essor prometteur de ce Rite, mais
dès 1880, avec la déclaration d'amnistie du nouveau
gouvernement républicain, ces loges fermèrent les unes
après les autres.
Parallèlement, dès 1873, le Rite de
Memphis semble avoir connu un important développement en
Égypte, sous l'impulsion du frère Solutore Avventure
Zola, nommé Grand Hiérophante. Ainsi, jusqu'au règne du
roi Farouk, le Rite se développa en inspirant respect et
admiration par le prestige des anciens Mystères
égyptiens dont il se disait gardien et
continuateur.
Enfin, il convient d'ajouter à ce court
historique, l'implantation du Rite de Memphis aux
États-Unis vers 1856-57 par Marconis De Nègre,
implantation qui eut un certain essor, notamment sous la
Grande Maîtrise du frère Seymour en 1861, et fut
reconnue, un temps, par le Grand Orient de
France.

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5 - Le Rite de Memphis-Misraïm
Le 28 décembre
1870, quatre maçons menés par Robert Wentworth Little,
créateur, quatre années auparavant de la SRIA (Sociétas
Rosicruciana in Anglia), invoquèrent une prétendue
consécration pour fonder en Angleterre, auprès du frère
John Yarker, un «Suprême Conseil Général 90° du Rite de
Misraïm». Cet événement, apparemment anodin, allait, en
fait, bouleverser l'existence des Rites de Memphis et
Misraîm.
John Yarker, qui avait reçu le Rite de
Memphis du frère Seymour en 1872, l'associa au Rite de
Misraïm introduit par Robert Wentworth Little puis
légitimé par la Chartede Pessina en 1881. Pour affermir
cette nouvelle alliance, il désigna Garibaldi, figure
emblématique des Camissia Rossa, comme premier Grand
Hiérophante des deux Rites réunis. Ce dernier, trop âgé,
ne put malheureusement exercer longtemps ses
fonctions.
Si le prestige du frère Garibaldi permit
cette unification, dès sa disparition en 1882, des
dissensions éclatèrent au sujet de sa succession. Il
fallut alors attendre 1889 pour que les deux Rites
fusionnent définitivement.

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6 - Le Rite de Memphis-Misraïm en
France
L'histoire du
Rite de Memphis-Misraïim en France passe par un
personnage étonnant dont le profil n'est pas sans
rappeler celui de Cagliostro : le célèbre docteur Gérard
Encausse, alias
Papus . Dans cette France entre
deux siècles, sa réputation était telle qu'Anatole
France le pressentait pour la création envisagée d'une
chaire universitaire de magie.